Je me freine toujours à chaque sortie d'un nouveau Panini quand le titre a l'air accrocheur, d'une car je ne sais jamais si celui-ci connaitra une fin, de deux car l'édition de Panini n'est jamais très agréable et de trois car les titres sont souvent décevants... Finalement en découvrant que Promesses en rose était le nouveau manga de Kaho Miyasaka, je me suis pris l'envie de le commencer par pur nostalgie pour les titres qui ont fait l'âge d'or de l'auteure. Après lecture, je me sens vraiment mitigée... J'ai passé un bon moment, mais je n'ai rien découvert de neuf !
HISTOIRE | Promesses en rose est un manga basé sur le conte de Cendrillon, il est donc très classique et prévisible. Le lecteur suit la jeune Iroha, celle-ci est issue d'une famille importante, mais a malheureusement perdu en prestige après la mort de son père. Afin de récupérer une vie décente et aussi pour la faire partir, sa belle-mère la pousse à se marier avec un homme qui a 40 ans de plus qu'elle. Elle lui prétexte qu'elle ne trouvera pas meilleur prétendant, et que de toute façon, au vu de l'énorme cicatrice qu'elle porte dans le dos, iroha ne pourra jamais se marier avec quelqu'un d'autre. Iroha est désespérée mais ne trouve pas de meilleures solutions. C'est là qu'entre en scène Retsu,un jeune homme arrogant, issu d'une famille noble et riche. Iroha tombe sur lui par hasard en se cachant à l’extérieur de chez elle. Là, il lui fait une très mauvaise impression et elle se jure à cause de ça qu'elle n'aura plus affaire à lui dans le futur... Malheureusement il ne semble pas de son avis, il va même faire en sorte de l'approcher un peu plus et tenter de changer son point de vue sur lui.
Promesses en rose est une romance tout à fait classique. Le titre est dans la lignée de tous les manga de Kaho Miyasaka, tout en étant transposé dans un contexte historique (qui n'est pas du tout développé soyons clairs !). La romance est agréable à suivre et l'inspiration au conte de Cendrillon plutôt sympa (tout en restant un peu trop en surface encore une fois), malgré tout c'est frustrant car il n'y a rien de neuf, le lecteur fini par se lasser à force. Je pensais vraiment que le contexte historique ajouterait un plus à cette série, mais ce n'est pas le cas... C'est juste un prétexte pour donner un semblant de neuf sur ce type de shojo. C'est vraiment dommage car le traitement de Kaho Miyasaka sur le visuel est vraiment bien fait, c'est quand même triste que côté scénario ça ne suive pas...
Le scénario archi classique nous fait découvrir une héroïne vivant comme elle le peut malgré son malheur. Elle est forte mais n'a clairement pas de chance dans sa vie et sa famille (cf. Cendrillon). De l'autre côté on retrouve un jeune homme riche au caractère exécrable qui s'entiche de celle-ci. Cette romance de type "chien et chat" est assez énervante finalement car l'héroïne tombe très rapidement amoureuse, alors que Retsu joue constamment avec elle (il est gentil au final, mais sa façon de faire les choses est énervante). Globalement c'est le type de romance clichée et vue et revue qui n’apporte rien de nouveau au genre. Personnellement j'attends un peu mieux d'une lecture de ce type après tous les shojo que j'ai pu lire depuis des années, reste que le titre devrait plaire à beaucoup de jeunes pour son côté "je t'aime moi non plus"...
Je lirais la suite pour me faire une idée sur l'évolution de la romance, même si j'émets quelques réserves sur le sujet. Gros point noir en plus : le manga était censé être un oneshot, mais celui-ci s'est finalement transformé en série à cause du succès qu'il a rencontré. Le volume 2 n'est donc pas prêt de sortir en France, surtout quand on sait que rien ne bouge non plus au Japon... Affaire à suivre donc !
Note : Je n'ai pas compris la classification du manga dans le registre fantastique. Certes c'est une réadaptation de Cendrillon, mais aucun élément dans la lecture du volume n'a présagé quelque chose de fantastique... Ne vous y trompez pas !

DESSINS | Les graphismes sont clairement le point fort de ce shojo. Le trait de Kaho Miyasaka a évolué depuis pas mal d'année et est maintenant maîtrisé et très agréable à l’œil. (il est loin le temps de Binetsu shojo) L'auteure a fait un joli travail sur les costumes d'époque et je suis également très fan de la façon dont elle réalise les cheveux / visages de ses personnages. Malgré tout je trouve qu'on retrouve beaucoup trop de ses anciens personnages, elle n'arrive pas à s'en détacher aussi bien graphiquement que sur leurs caractères. Il y a vraiment un air de déjà vu. Alors oui c'est maîtrisé, mais avec l'expérience qu'a l'auteure, je m'attendais clairement à du neuf... J'ai la forte impression que Kaho Miyasaka stagne depuis quelques années, c'est assez dommage !
ÉDITION | Gros gros malus du manga ! Franchement je trouve que le travail sur le volume est aussi moyen que l'édition en elle-même. Le premier volume que j'ai acheté s'est décomposé en quelques minutes, les pages se décollaient les unes après les autres pendant la lecture... Heureusement, j'ai pu changer mon exemplaire contre un volume plus correcte auprès de mon libraire !
Le travail sur la couverture ne m'a pas plu du tout, surtout quand on voit la très esthétique version japonaise : celle-ci captait beaucoup mieux le côté historique et délicat du manga. Plus sobre et élégante que la version française qui nous propose un visuel classique et très moyen (le logo ne colle absolument pas au titre). D'ailleurs en parlant du titre, je suis bien consciente qu'il s'agit de la traduction française du titre original, mais franchement là ce n'était pas très judicieux... Le titre est niais au possible et n'attire pas vraiment le public ! (j'ai faillis reposer le volume à cause de ça)
L’intérieur est correct et la prise en main agréable, par contre je me suis rendu compte que certaines pages étaient imprimées avec plus ou moins d'intensité au niveau des valeurs de noir...
Bref en gros, Panini aurait pu mieux travailler son édition, ça aurait permit de mettre le titre un peu plus en valeur ! (mais on va pas refaire la face du monde hein ~ Panini reste Panini)
Promesses en rose est un shojo des plus classiques qui ne fait que retranscrire le conte de Cendrillon dans un contexte historique japonais. Agréable à lire mais pas mémorable, le titre devrait cependant plaire aux fans de romances traditionnelles, ainsi qu'aux fidèles de l'auteure. Pour ma part je jetterais un œil à la suite si celle-ci sort un jour, mais je reste en tout cas mitigée par cette lecture.